Le scandale de l’activité privée à l’hôpital public !

samedi 30 août 2008
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Alors que l’hôpital public rencontre de plus en plus de difficultés pour remplir sa mission et accueillir les patients, la minorité de médecins exerçant une activité privée dans ces établissements a entamé une grève administrative ultra corporatiste pour défendre des avantages inadmissibles.

[*Quel est le motif de leur courroux ?*]

Il leur est demandé de verser une partie plus importante des revenus tirés de cette activité à l’hôpital où ils exercent. Quoi de plus normal, alors qu’ils utilisent pour exercer cette activité privée les locaux, le personnel et le temps pendant lequel ils sont payés par l’hôpital ! Depuis de nombreuses années, la CGT demande la suppression de cet avantage offert aux médecins du service public hospitalier. En effet, si cette mesure pouvait se justifier en 1958 lors de la mise en place des CHU pour attirer des médecins renommés à l’hôpital, ce mécanisme a aujourd’hui été dévoyé et entraîne une inégalité de traitement entre les patients. Cet argument a d’ailleurs été utilisé par le Conseil d’État, il y a quelques années, pour refuser le renouvellement d’autorisation d’exercer cette activité pour un médecin du CHU de Limoges. Par ailleurs, un rapport de la Cour des comptes présenté en 2006 par Philippe Séguin a dénoncé les multiples abus sur lesquels les instances de contrôle, notamment les directions hospitalières, fermaient les yeux. Un seul exemple est éclairant : en 2005, plus de 100 médecins de l’AP-HP déclaraient des revenus annuels dépassant 100 000 ¤ et un médecin dépassait même 1 000 000 ¤ ! Aujourd’hui, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la pratique des dépassements d’honoraires qui a tendance à se généraliser chez les spécialistes en ville. A l’hôpital, lorsque vous appelez pour prendre rendez-vous, il n’est pas rare de se voir demander si l’on souhaite consulter dans le « privé » ou dans le « public ». Pour forcer la réponse, on vous annonce un différentiel de délai de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois en faveur du privé. Mais on ne vous dit pas, au moment de la prise de rendez-vous, qu’il y aura un surcoût si vous choisissez le privé. Ce mouvement prend en otage les personnels administratifs des hôpitaux à qui on demande, avec parfois la complicité des directions des hôpitaux, de ne pas saisir les dossiers des patients examinés dans le cadre de l’activité privée. La conséquence est une perte de recettes pour les hôpitaux qui sont actuellement en « déficit » pour près de 80 % d’entre eux. D’autre part, à la fin de ce mouvement, on demandera à ces mêmes personnels de combler le retard accumulé ! Enfin, cerise sur le gâteau, les « grévistes » ont été cordialement reçus il y quelques jour par le conseiller du Président de la République chargé des questions de santé. Comment s’en étonner quand on sait que cette catégorie de médecins hospitaliers est celle qui est proportionnellement à son poids démographique, la mieux représentée dans les instances électives, notamment à l’Assemblée Nationale. Nous interpellons la Ministre de la Santé et la Président de la République afin qu’ils fassent appliquer la loi et qu’ils prennent des sanctions contre les médecins qui ne respectent pas les modalités réglementaires de fonctionnement.

Montreuil le 24 juillet 2008

Contact Presse : Dr Christophe PRUDHOMME : 06 83 25 98 90


Commentaires  (fermé)

Logo de Dr. Persoons Dominique
lundi 28 mai 2012 à 13h55, par  Dr. Persoons Dominique

Cher Confrère,
je vous dois beaucoup par vos conseils, et comme vous, je recherche une nouvelle médecine plus juste, plus sociale, plus équilibrée financièrement.
je comprends vos motivations à ne pas confondre service public de soins et enrichissement personnel. Mais cette dualité est-elle réelle ou "inventée" par le système de soins français ?
regardons ailleurs, en Belgique, au Danemark, en Suède, en Allemagne. Partout un consensus a été établi : l’art de guérir est un métier particulier qui échappe, par nécessité, aux normes de la fonction publique. Tout simplement parce que l’obligation de résultat , se comprend aisément pour un médecin, mais pas du tout pour un agent du C.N.G. qui remplace la caisse nationale d’assurance-maladie.
Nous avons , nous, notre génération, le devoir de trouver la troisième voie qui permet d’encourager le mérite personnel et la compétence voulue et entretenue , signée par une réussite médicale plus grande, et la fonction sociale de porter assistance à toute personne en danger. Le "privé" à l’hôpital public ne peut résulter que du choix délibéré d’un patient de choisir son médecin en toute liberté et de lui accorder une somme pour laquelle il a cotisé à l’avance. Donc, à l’hôpital : pas de secteur "2", aucun supplément hors prise en charge intégrale par une société complémentaire. Par contre un libre choix, dans la mesure du possible, reste une valeur très fidèle à notre Maître Hippocrate, qui a jeté les bases d’une profession remarquablement constante depuis 2.500 ans : un record. Pourrions-nous dire : à l’hôpital public : secteur "1" oui, encadré et justifié, mais à la sortie des actes sans suppléments pour les malades eux-mêmes. EN échange, un hôpital bien géré, par des vrais gestionnaires et pas au service d’une officine politique qui se servirait de ce "temple de l’empathie" pour financer de sombres ambitions . Vive le syndicalisme médical , ouverture vers une autre société.

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